Est-ce que 2018 fera du vocal la nouvelle technologie disruptive?

Par Cédric BELMONT, Consultant senior Digital / Platform

Je ne sais pas si c’est le prix (10€ !!!) ou la curiosité, mais j’ai franchi le pas récemment en achetant justement ma première Google Home Mini. J’étais déjà un utilisateur motivé et persistant (et déçu) de Siri et depuis peu d’Echo Dot (et son Alexa… en anglais).

Et là, je dois dire que l’expérience utilisateur est au rendez-vous : l’association Google Home, Chromecast, Spotify ou TuneIn est juste fantastique. La voix répond sans problème et à part quelques « et là c’est le bug », tout y est passé (le minuteur, la blague du jour, la météo du jour, du lendemain, le score de PSG – Madrid, la recette du framboisier…), avec simplicité et pertinence. Finalement, on commande, on cherche, on trouve, et tout cela sans tablette ni smartphone. Sous le charme !!

Nous sommes rentrés dans l’ère numérique et digitale comme une nouvelle révolution. De plus en plus d’individus aujourd’hui, grâce aux smartphones, aux accès WiFi, ou encore à la 4G, ont internet dans la poche et sont connectés en permanence à de nouveaux services en ligne. Les usages et le monde en sont profondément changés et aujourd’hui une application mobile n’a de valeur que par ses capacités de connexion et d’échange avec d’autres, à l’image des réseaux sociaux qui propagent l’information d’une manière démultipliée.

Mais le vocal existait déjà bien avant cette éruption numérique qui touche tous les secteurs économiques, industriels, tertiaires. La logistique, l’industrie, la santé sont des secteurs où le vocal existait déjà et qui apporte une vraie alternative aux écrans tactiles ou aux claviers depuis longtemps. Si cet usage ne s’est pas avéré disruptif avant, pourquoi le deviendrait-il aujourd’hui ?

Tout d’abord parce que les progrès d’interprétation et de compréhension des assistants vocaux sont devenus importants et l’implantation est maintenant courante. La compréhension des ordres passés est vraiment de plus en plus performante. Certes nous avons tous expérimenté un SMS mal dicté à un mauvais destinataire. Il y a toujours un ou deux prénoms que Siri s’obstine à ne pas comprendre ou à mélanger, un ou deux mots que Google Assistant ne comprend pas, ou encore le « hack » de South Park – 21st saison – qui passera des ordres durant l’épisode à Amazon Echo ou Google Home chez les téléspectateurs. Tout le monde a essayé et a été déçu. Pourtant les nouveautés se multiplient et chaque nouvelle version d’Android ou d’iOS apporte des mises à jour pour améliorer le service et le rendre de plus en plus disponible pour les autres applications (SiriKit). A l’instar de l’iPhone dont la rupture n’est pas venue du smartphone en lui-même (PDA et autre Palm existaient bien avant), mais bien de l’AppStore et de sa capacité à proposer des services pour n’importe quel prestataire à son client, l’IA (Intelligence Artificielle) est bien la technologie disruptive derrière le vocal qui coulera les écrans tactiles dans les prochaines années.

Alors maintenant que la technologie est prête et l’IA puissante et accessible, l’histoire semble lancée. Les assistants vocaux vont devenir omniprésents dans notre quotidien. Siri ou Alexa seront bientôt dans toutes les voitures, dans tous les foyers, sonnant la mort annoncée des smartphones tels que nous les connaissons, où la voix remplacera le doigt d’un environnement tactile devenu complexe et limité.

La finesse des micros, et les notions d’interprétation du langage naturel associés aux capacités de l’IA développent des réponses de plus en plus personnalisées et adaptées aux métiers. Elles produisent une assistance pertinente dans des situations même complexes. Ces compagnons combinent ces ordres à des informations de reconnaissances visuelles, géographiques, personnelles pour contextualiser les informations et les réponses. Les applications autour de la sécurité du particulier (alerter quand un enfant tombe à l’eau, prévenir les secours en cas de chute…), ou dans toutes les professions où les mains sont occupées (médical, logistique, les dépannages, interventions électriques…) continuent de prendre de plus en plus de place. Elles deviennent ultra compétentes dans leur écoute, les réponses, les actions traduites.

Les traducteurs vocaux vont aussi profiter des progrès pour permettre de traduire en temps réel une discussion, donnant la possibilité à n’importe quelle entreprise de s’ouvrir des marchés dans des pays peut-être inaccessibles jusque-là. La personnalisation peut aujourd’hui différencier la voix des personnes qui donnent les ordres ou interrogent les assistants (Google Home le fait déjà).

Les fabricants de smartphone auront de plus en plus de mal à justifier des prix devenus exorbitants (plus de 1100 € pour un iPhone X, alors qu’une Smart TV de 40 pouces se trouve à 450 €) et ne résisteront pas à la miniaturisation, la disponibilité et à l’intelligence des assistants dans le temps.

L’ère du Digital est-elle déjà révolue au profit de celle du Vocal (peut-on bientôt parler alors de « Vocalization ??? ») et de l’IA. On peut le penser si on regarde la concurrence que se livrent déjà Amazon, Apple et Google pour rentrer leurs assistants dans les foyers (et les efforts en R&D déployés) là où les ventes de smartphones et tablettes stagnent. Les assistants vocaux intègrent les foyers en force au travers des solutions Google Home, Amazon Echo, ou Apple HomePod (SONOS en grand leader de l’enceinte multiroom promet déjà d’intégrer Alexa dès 2018) et toutes les déclinaisons « mini » pour envahir toutes les pièces de la maison.

Le foyer n’est aussi pas le seul à profiter de cette nouvelle innovation. Les entreprises vont bénéficier de ces nouveaux usages pour développer leurs propres services vocaux en utilisant ces assistants comme une ressource potentielle (Alexa for Business). Les plateformes « Cloud » sont déjà là pour cela et elles offrent des coûts d’utilisation très attractifs et une souplesse d’intégration sans égal.

A travers le vocal, c’est donc aussi un peu la baisse accélérée du smartphone au profit de la performance, la souplesse, la disponibilité et les coûts des plateformes et de l’intelligence artificielle embarquée.

Je finirais juste sur ces quelques mots de Tony Fadell, concepteur des iPod et iPhone, à propos de l’utilisation future des écrans : « My hope is that in the future, when you walk in the door of your home, you’ll take off your shoes, drop off your backpack, and leave your phone near the front door. You’ll be able to be one-on-one with everybody, but you’ll still have the capability, through connected devices, to be able to call up information if you need it. No more screens. We don’t need more screens. »

  • « Ok Google, en quelle année est mort le smartphone ? »
  • « D’après les recherches on peut dire en 2018… ».
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